Et ça y est, la nouvelle chronique tout juste débarquée sur BioShock France se dévoile aujourd’hui pour votre plus grand bonheur! Célébrons cela les amis! Vous pourrez maintenant, et de manière régulière, apprécier « La Critique », rédigée entièrement par Tenebryon, sur des actualités touchants directement la série BioShock. Mais je ne vous en dit pas plus, et je vous laisse entre ses mains pour découvrir le premier volet de notre toute nouvelle chronique…
. Safcar
Des hurlements, des faces hagardes, et un lourd relent de scepticisme. Voilà ce qu’a en général récolté cette nouvelle, et non exclusivement sur Bioshock France.
Que dire alors d’un tel ajout ?
Si la technologie est maîtrisée, le développement est souvent décevant dans sa qualité et son appréciation. À croire que la 3D n’a que pour utilité d’avoir sa mention sur la boîte.
-> Tout d’abord, la 3D n’a que pour le moment été usée dans le milieu cinématographique. La piètre qualité étant imputable au fait que les films avaient subit des retouches en post-production. Ces dernières consistant plus à faire ressortir un peu les textures qu’à vraiment ouvrir une nouvelle dimension. Un peu comme les livres pop-up pour enfants.
Néanmoins nous ne pouvons qu’admirer le rendu des films qui, dès le départ, ont été conçus dans ce but tridimensionnel. Je pense ici au chef-d’oeuvre du genre : Avatar. On peut ne pas aimer le film, on se doit toutefois de reconnaître la force de l’image et la prouesse technique.
Il y a donc bonne et mauvaise 3D. Et quand on pense que le jeu-vidéo est par essence supporté par un moteur graphique, on comprend que la 3D ne serait qu’un simple détail de programmation, puis d’optimisation. En effet, ce média a ceci de particulier qu’il maîtrise les images en tant qu’objets, aux propriétés modulables.
Nous avons donc toutes les raisons de penser que la tri-dimension qui nous est proposée puisse être de bonne facture. D’autant plus que sa qualité dépend uniquement de la volonté perfectionniste des développeurs, et Ken Levine ne laissera je pense pas partir son petit dernier sans que sa couche soit bien attachée.
-> Deuxième point : l’utilité de la 3D. On vous l’a dit, expliqué et seriné : la 3D, quant elle est bien faite, améliore l’immersion. Tout du moins est-ce ce que l’on dit. Nous sommes en droit de douter…
Nous avons tous ressenti ce frisson lors d’une publicité Haribo sur grand écran, ou lors des premières scènes, souvent choc, d’un film en 3D. Mais lorsque l’on sort de la salle, on se rend compte que finalement on l’a très vite oubliée ; un peu comme au moment du réveil où on essaye de se rappeler quand on s’est endormi. Ne cherchez donc pas à vous rappeler les sensations que vous a procuré la troisième dimension, ce serait comme chercher des souvenirs oubliés. Et pourtant, la 3D était là…
Alors a-t-elle vraiment été utile ? Ne s’est-elle faite ressentir qu’aux seules premières minutes ? Eh bien non. C’est ce que nous appelons l’influence implicite. Vous vivez l’histoire et ne portez tout naturellement plus votre attention à cette perspective qui de toutes façons vous est quotidienne. Mais cette troisième dimension, en rapprochant ce spectacle de votre « vision habituelle », vous fait franchir une étape dans l’appréhension de l’histoire : elle vous fait réellement rentrer dans la scène.
Mais nous n’en avons point conscience, tout simplement parce que cela reviendrait à s’étonner du naturel. D’habitude, au cinéma, un spectateur engage un processus instinctif d’immersion dans l’image qu’il regarde. Alors qu’avec la 3D, l’image elle-même, en se confondant avec la réalité, se « rapproche » naturellement du spectateur. Le lien s’établit donc de l’un vers l’autre, mais aussi de l’autre vers l’un, ce qui résulte en une immersion beaucoup plus naturelle et intense. Vous essaierez, en regardant un film 3D, d’enlever les lunettes. Vous verrez que cette platitude (au-delà du flou de l’image) est bien insipide au regard de la perspective.
La 3D est donc bien un pont jeté entre la réalité de l’histoire et celle du spectateur, mais à son insu.
Maintenant imaginez-vous ce qu’apporterait la 3D dans un jeu-vidéo qui est par nature le média le plus proche de la réalité du spectateur, ici joueur.
Cela ne peut être qu’une expérience fabuleuse aurions nous envie de dire.
-> Troisième point donc : on sait que la 3D (bien faite) est un vrai plus pour les films. Mais qu’en est-il d’un jeu vidéo ?
On ne s’étendra pas sur l’intérêt immersif, qui est exactement le même. Mais je vois apparaître trois risques :
_ Bioshock Infinite, comme tous les Bioshocks, réservera une place prépondérante à la mise en scène. Or une 3D peut ruiner une mise en scène qui paraissait réussie pour une image « plate ». Elle peut mettre en valeur des champs que l’on aurait voulu plus diffus ou moins prononcés, et éloigner des objets sur lesquels l’attention doit absolument être portée. Déduction ? Pour que la 3D ne gâche pas la mise en scène, les développeurs vont devoir revoir entièrement le jeu sous cet objectif tridimensionnel, et retravailler chacune des mises en scènes. Soit réaliser une « 3D intelligente », complètement différente de ce que donnerait un simple « programme de transformation de l’image ». Un travail conséquent en perspective. Sera-t-il réalisé ?
_ Ensuite, Bioshock Infinite risque de ne pas être une claque visuelle, envisageons-le. Que se passerait-il alors si des textures et des modélisations un peu baveuses étaient mises en avant par la 3D ? On les verrait beaucoup plus distinctement, alors qu’en 2D le design global nous empêchait de le voir. Les cordes plates et les textures floues d’un dirigeables passant non-loin deviendraient presque vulgaires. Faites l’expérience : louchez légèrement un oeil fermé (2D), puis louchez légèrement les yeux ouverts (3D). Alors ? C’est beaucoup moins gênant en 2D, parce que vous ne situez pas les objets flous dans l’espace.
_ Enfin, la 3D risque de nécessiter plus, voire beaucoup plus de puissance utilitaire de la part des plateformes informatiques. S’il n’y a pas de travail d’optimisation, nous risquons donc une perte regrettable de frames/secondes. Eh oui, contrairement à un film, un jeu-vidéo n’est pas entièrement précalculé. La PS3 par exemple sera-t-elle capable de supporter la charge ?
->> En conclusion, la 3D qui nous est proposée a des chances d’être excellente, et des chances de ne pas l’être. Elle a de grandes chances de sublimer le futur jeu, mais aussi une probabilité de le dénaturer. Si tout est question de chance, alors prions. Si tout, comme je le crois, est question de volonté, alors ayons confiance en notre petit Keninou pour faire sa tête brûlée.
Petits conseils :
Pour ceux qui ne supportent pas les lunettes (lourdes et mal fichues), préparez la biafine. Pour ceux qui ont des migraines (bonjour la minorité), préparez l’aspirine.
Sinon, priez pour que la technique actuelle évolue en mieux d’ici 2013, et rappelez-vous que, de toutes façons, ce sera une option.
Tenebryon.







